Le code de Nuremberg comme référence erronée des anti-vaccins

Le Code de Nuremberg est une référence que l’on voit fleurir depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux que ce soit tweeter, facebook ou youtube, à l’appui de revendications anti vaccins. Est-ce pertinent ?

Qu’en est t il de ce texte ? Tout d’abord, il ne s’agit pas d’un « Code » à proprement parler comme on parle de Code Civil ou Pénal. Il s’agit d’un ensemble de principes contenus dans une partie d’un jugement rendu par le Tribunal International de Nuremberg de 1947.

Ce Tribunal pas comme les autres, faisait le procès des expérimentations menées par des médecins nazis. Le procès est vite devenu également celui du cadre dans lequel le serment d’Hippocrate s’appliquait.

Ce serment est fondé sur des principes éthiques universalistes, qui ont failli concernant les expérimentations. Le seul serment ne suffisait plus à garantir l’éthique, et le respect du droit des patients dans le cadre d’expérimentations.

Les juges ont donc renforcé ces principes en leur donnant un cadre juridique, qui sont venus juridiquement rappeler et renforcer le consentement du patient, ainsi que la démarche expérimentale.

Du fait de leur portée particulière et difficilement opposable sur le plan juridique (attendus particuliers, d’un jugement particulier, d’une juridiction particulière), ces principes n’ont pas directement été intégrés au sein des systèmes juridiques de chaque État.

Cela s’est néanmoins fait progressivement, sur les plans juridiques et éthiques : En France, l’intégration juridique s’est faite par l’avis du CCNE (Comité Consultatif National d’Éthique) de 1984, le rapport du Conseil d’État en 88 sur les lois recherches biomédicale et surtout des lois bioéthiques de 1994 et celle sur droit des malades de 2002. Ces textes viennent entre autre consacrer et développer un élément central des principes du « code » : le consentement du patient replacé au cœur de la relation avec le soignant.

Au niveau mondial et professionnel : ils ont été redéfinis au sein de la Déclaration d’Helsinki de 1964, ainsi que dans le Pacte National des Nations Unis de 1967. Ces documents ont fait l’objet de plusieurs amendements, et modifications jusqu’à nos jours au sein de l’Association Médicale Mondiale( qui fédère 122 syndicats de médecins dans le monde). Cette association est garante de ces principes et plus largement d’une communauté éthique des pratiques médicales.

Ces déclarations ont été intégrées par la suite aux “Bonnes Pratiques Cliniques” (BPC) de la Conférence Internationale d’Harmonisation (ICH) : groupe de travail international multipartite qui se réunit régulièrement sur tous les sujets relatifs aux normes de conduite de recherche.

L’ICH établit les normes professionnelles applicables dans le monde entier, transposées dans les législations régionales et nationales. Ces groupes de travail sont composés notamment d’instances réglementaires (dont sanitaires) et des acteurs industriels concernés.

On y trouve par les laboratoires pharmaceutiques pour ce qui est des normes de conduite des essais cliniques pour définir les BPC, qui sont ainsi des normes internationales contraignantes légalement en matière de recherche clinique et donc, d’expérimentations sur l’homme.

Les principes posés par ce Code sont ainsi bien intégrés tant sur le plan juridique qu’éthique.
Au final, qu’est ce que le consentement ?

La notion d’information et de consentement éclairé date du début du XXe et apparaissent déjà dans des directives allemandes du 28 février 1931, ainsi que la nécessité de tests sur animaux préalables.


En 1947, le Code de Nuremberg a établi 1 grosse partie des règles encore suivies à ce jour:
– Principe de consentement volontaire et éclairé
– Risque/bénéfice attendu positif et utile pour la société
– Possibilité pour le patient de quitter l’essai

En 1964, la Déclaration d’Helsinki ajoute :
– Obligation du protocole, détaillant l’intégralité de l’essai, soumis à une comité d’éthique
– Qualification des personnes effectuant les recherches
– Garantie du respect et intégrité de la vie privé des sujets

Qu’en est il de la vaccination ?

Une vaccination contre un virus est un processus particulier, qui exige le respect strict de plusieurs étapes. Une expérimentation découpée en 3 phases, et une phase de déploiement.

Le déploiement a lieu que si l’ensemble des 3 phases ont été validées par les autorités compétentes, et commissions de contrôles indépendantes. Le respect des principes liés aux expérimentations définis par ce fameux « Code » se fait dans ces phase initiales.

Les phases initiales impliquent contrôle rigoureux avec consentement libre et éclairé de chaque personnes volontaire. Dès que le vaccin est approuvé, ce n’est plus considéré comme une expérimentation.

Invoquer le code de Nuremberg est ainsi FAUX, puisqu’il n’est qu’un ensemble de principes non opposables, qui sont déjà intégrés dans le droit national et international depuis plusieurs décennies.

Le code de Nuremberg est également inapplicable vu qu’il concerne l’expérimentation, et non une campagne de vaccination post-autorisation.

Quelques lectures complémentaires sur ce que dit l’Association médicale mondiale, cette « gardienne » de ce fameux « Code » sur les vaccins :

SOURCES

1. Philippe Amiel, François Vialla. La vérité perdue du ”code de Nuremberg” : réception et déformations du ”code de Nuremberg” en France. Revue de droit sanitaire et social, Sirey, Dalloz, 2009, pp.673-687

2. Klee E., La médecine nazie et ses victimes, Actes Sud, 1999 3. Ternon Y., Génèse et Code de Nuremberg, in De Nuremberg à la loi Huriet ; essais thérapeutiques et recherche médicale, ouvrage collectif, Ellipses, 2001

CONTRIBUTIONS

Cet articles a été concocté par une équipe de juristes et scientifiques membres de #Citizen4Science : merci à ces Citizens contributeurs : Xavier @xacast66? Théodore @TheodorePoussin, Marie @MarieBayle77, Fabienne Pinson.

Comment survivre aux repas de famille en temps de Covid ?

Ah Noël ! Le sapin, les cadeaux, la bonne chère et parfois, entre le fromage et le dessert… la petite réflexion pseudo-scientifique ou complotiste qui vous fait bondir de votre chaise.

Les vaccins multi-dose ont été reçu dans la carboglace (voir billet carboglace)
Le vaccin a été reconstitué au centre, les doses individuelles sont prêtes (voir billet prise en charge du vaccin Pfizert BNT)

Si les réunion seront limitées, le risque sanitaire reste élevé (cf alerte du jour de la Pr Karine Lacombe), le risque d’atteinte à la convivialité, possiblement aussi. On pense à cette caricature de Caran d’Ache : “Un dîner en famille”. Cela commence comme ça :

“Surtout ! Ne parlons pas de l’affaire Dreyfus”



“….Ils en on parlé…

On souhaite donc vous donner quelques billes pour réagir correctement en essayant de limiter les dégâts collatéraux tout en évitant de vous fâcher.

Gardez toujours en tête votre pire ennemi : l’effet BOOMERANG qui rendra votre intervention au mieux inutile, au pire contreproductive en renforçant votre interlocuteur dans sa croyance. Votre but ne doit pas être forcément de le faire changer complètement d’avis, mais de l’amener à adopter un regard un peu plus critique sur sa position initiale. Ne vous faites pas d’illusions : amener un proche à changer en profondeur sa vision du monde est une tâche très difficile !

Voici notre modeste petit guide de survie au repas de Noël. Gardez ce petit logigramme à portée, au cas où !

Joyeux Noël de la part de #Citizen4Science !

Logigramme #Citizen4Science

Vaccin ARNm anti-COVID-19 COMIRNATY de Pfizer BioNTech : prêt(e) pour la piqûre !

21 décembre 2020 : L’octroi de l’AMM conditionnelle a eu lieu par l’EMA. Début des vaccinations ds 1 semaine après avis de la HAS !

Les vaccins multi-dose ont été reçu dans la carboglace (voir billet carboglace)
Le vaccin a été reconstitué au centre, les doses individuelles sont prêtes (voir billet prise en charge du vaccin Pfizert BNT)

Il y a beaucoup d’informations à donner au futur vacciné, car ne l’oublions pas : la vaccination est libre et consentie sur la base du consentement éclairé !
D’autres informations sont impérativement à recueillir auprès de lui pour des raisons de sécurité.

Il convient ainsi de vérifier l’absence d’antécédents de réaction allergique sévère à l’un des composants du vaccin.
Il faut également vérifier que tout est en place pour une prise en charge de réaction allergique aiguë au cas où un tel événement surviendrait.

Informez la personne que le vaccin ne protège pas 100 % des vaccinés !

Les immunodéprimés peuvent avoir une réponse réduite.

Passez en revue les effets indésirables répertoriés, en rappelant qu’ils sont attendus et normaux car le vaccin active le système immunitaire :

Effets indésirables dans les essais cliniques > 16 ans et fréquence :
douleur au site d’injection (84,1%)
fatigue (62,9%)
douleurs musculaires (38,3%)
frissons (31,9%)
douleurs articulaires (23,6%)
fièvre (14,2%)
gonflement au site d’injection (10,5%)
nausées (1,1%)
malaise (0,5%)
lymphadénopathie (0,3 %)

NB : des réactions allergiques sévères ont été signalées à distance de la vaccination hors essais cliniques.

Il est important de préciser que ce tableau d’effets peut évoluer avec le temps à mesure que la vaccination progresse dans la population

Cas des femmes enceintes : NON. On ne les vaccine pas. Non pas parce que le vaccin toxique comme le disent les complotistes, mais parce qu’on ne l’a pas testé dans cette population. Il s’agit donc d’une mesure de précaution.
Il en est de même pour les femmes allaitantes car on ne sait pas si le produit passe dans le lait maternel (non évalué).

Le schéma vaccinal du Pfizer BNT nécessite 2 doses à 21 jours d’intervalle, sans interchangeabilité.
Si vous recevez le Pfizer en dose 1 vous n’aurez pas le Moderna en dose 2 et vice-versa. Fidélité à la marque !
À nouveau, il s’agit d’un principe de précaution.

Une fiche d’information récapitulant toutes les informations à savoir est donnée aux personnes vaccinés ainsi que les modalités de signalement effets indésirables.

Et la piqûre ? 0,3 ml en intramusculaire, deltoïde.

RDV à J21 pour la 2e administration, dite “booster” pour stimuler la réaction immunitaire, indispensable !

Synthèse commentée du rapport ADEME sur le climat : les élus représentent-ils bien les français ?

C‘est une question que l’on peut se poser à la lecture de ce rapport. Entretemps, le président Macron a annoncé un référendum sur le climat…

L’ADEME, l’agence de la transition écologique, a publié en novembre 2020 son baromètre sur les représentations sociales de l’effet de serre et du changement climatique accessible à cette adresse : https://www.ademe.fr/representations-sociales-changement-climatique-21-eme-vague.
La lecture de ce rapport propose quelques pistes de réflexion intéressantes. Cette année, un échantillon de 1 510 personnes représentatif de la population française et un de 201 parlementaires (députés et sénateurs) ont été interrogés. Ce rapport est donc l’occasion d’examiner les différences de perception entre les français et les parlementaires les représentant. Toutes les figures sont extraites de ce rapport..

Dans les deux échantillons, l’emploi est la préoccupation majeure mais bien davantage pour les élus. On observe une grosse progression par rapport à l’année d’avant liée probablement à la crise sanitaire. L’environnement est en 2e position, un bon point pour le climat

Sur la perception des problèmes environnementaux les plus préoccupants, on observe une différence surprenante entre élus et grand public. La pollution de l’eau est une préoccupation forte des élus, bien plus que dans le grand public. Cette différence surprenante est elle liée à l’attachement local des élus ? Par contre la problématique biodiversité est peu présente chez les élus qui devraient relire le rapport de l’IBES sur l’érosion de la biodiversité.

La figure suivante est particulièrement préoccupante. Encore 35% des français pensent que l’augmentation de l’effet de serre entrainant un réchauffement climatique est encore une hypothèse sur laquelle les scientifiques ne sont pas d’accord. Pourtant le consensus scientifique est clairement établi maintenant.

Q5. On parle de l’augmentation de l’effet de serre qui entrainerait un réchauffement de l’atmosphère de la Terre. A votre avis, est ce plutôt …

Ce qui est très surprenant, c’est l’évolution dans le temps. On pourrait s’attendre à une augmentation de la prise de conscience mais non. En 2020, la proportion de climatosceptiques est supérieur à 2007, alors même que les effets du changement climatique sont plus perceptibles (canicules récurrentes, feux de forêt etc). On remarque également bien sur cette figure l’effet de l’exposition médiatique de discours climatosceptiques comme celui de Claude Allègre dont le livre « l’imposture climatique » est sorti en 2010. Le rôle des médias dans la compréhension des enjeux climatiques est donc fondamental.

Coté élus, 20 % pensent que l’augmentation de l’effet de serre est une hypothèse encore. En réalité, ce chiffre cache une forte disparité politique. En effet, autant les élus de gauche et de la majorité présidentielle savent dans l’immense majorité que le réchauffement est une certitude, autant 38 % des élus interrogés à droite considèrent qu’il s’agit encore d’une hypothèse. Ce chiffre, particulièrement inquiétant, montre qu’une partie importante des élus de droite font un déni de la réalité du changement climatique, de ses causes et de ses conséquences. Ce fait est confirmé plusieurs fois dans le rapport.

Dans la même lignée, on note un manque de confiance important sur les résultats obtenus par les climatologues jugés par 35 % du grand public comme trop pessimistes. Mais parlent-ils de ce que disent vraiment les scientifiques ou de l’impression qu’ils en ont en écoutant les médias ? Cette question reste en suspens, le rapport ne permet pas d’y répondre.

Concernant les causes du changement climatique, encore 20 % des français croient que le réchauffement est d’origine naturelle et a toujours existé. Ce chiffre est en baisse heureusement mais il montre qu’il y a encore beaucoup de travail de pédagogie pour faire prendre conscience de l’impact des activités humaines sur le climat, fait qui ne fait plus de doute dans la communauté scientifique. Notons en plus que la question posée montre bien que la position des scientifiques pensant qu’il s’agit d’un phénomène naturel est minoritaire.
La notion de consensus scientifique semble donc loin d’être comprise par les français (et certains élus).

Q10. La plupart des scientifiques affirment que le réchauffement de la planète est causé par les activités humaines, mais certains scientifiques affirment au contraire qu’il s’agit d’un phénomène naturel qui a toujours existé. Et vous qu’en pensez vous 

Côté élus, on retrouve l’opposition notée précédemment. 40% des élus de droite (les mêmes ?) pensent que le changement climatique est uniquement un phénomène naturel. La encore c’est très préoccupant.

La perception sur les désordres du climat causés par l’effet de serre progresse fortement. Les derniers étés ont été marqués par de nombreuses canicules et les feux de forêt dans différents coins du monde qui ont fait l’actualité y ont probablement contribué. Cela dit la question est mal posée car il n’est pas possible d’attribuer formellement un évènement climatique au changement climatique. La proposition 1 aurait dû être formulée différemment –  par ex. le réchauffement climatique augmente les risques de désordre du climat et de leur conséquences (canicules, tempêtes, inondation).

Concernant les secteurs émetteurs de gaz à effet de serre, force est de constater qu’encore 33 % des français pensent que les centrales contribuent beaucoup au changement climatique alors qu’il s’agit du mode de production d’énergie le plus décarboné sur tout son cycle de vie. La lutte contre le changement climatique est un enjeu majeur qui demande pour être correctement débattu une bonne information scientifique du grand public. Beaucoup de reproches peuvent être faits au nucléaire, mais on ne peut pas nier que son bilan carbone très faible est un atout de poids pour la lutte contre le changement climatique.

Q. 18 Pour chacune des activités que je vais vous citer, dites-moi si, d’après ce que vous savez, elle émet beaucoup, assez peu, peu ou pas du tout de gaz à effet de serre

Côté élus, on notera le relativement faible score de l’agriculture (par rapport au grand public). Est ce lié à l’ancrage local des parlementaires ? Faut-il le rapprocher de l’inquiétude pour la pollution de l’eau ? En revanche, sur la question du bilan carbone du nucléaire, les élus sont beaucoup plus conscients du faible bilan carbone du nucléaire. Ce décalage entre élus et grand public très important est à prendre en compte lorsque la question de l’avenir du nucléaire est abordée pour éviter des rejets par principe des  grandes mesures « venues d’en haut » et non comprises par la population.

La question du nucléaire est abordée plus loin dans le rapport avec des résultats tout à fait surprenants. Une (courte) majorité de français estime qu’il faut remplacer les anciennes centrales plutôt qu’abandonner l’énergie nucléaire. Le rapport précise une augmentation significative depuis 2007 de cette proportion. Dans le même temps les élus sont très majoritairement en faveur du remplacement des anciennes centrales plutôt que d’un abandon, y compris à gauche. Aux vu de ces chiffres, on peut très clairement s’interroger sur la fermeture de Fessenheim. Pourquoi ne pas y reconstruire un autre réacteur plutôt que de démanteler la centrale ?

Sur les conséquences du changement climatique, la prise de conscience des difficultés à venir est importante tant côté grand public qu’élus. Côté grand public, cette augmentation est très marquée depuis 2017. Par contre côté élus, la disparité entre gauche/majorité présidentielle et droite se confirme. Les élus de droite semblent particulièrement optimistes avec certains (très minoritaires certes) pensant même que le changement aura des effets positifs pour l’agriculture et les loisirs.

Q8. Si le réchauffement climatique continue, à votre avis, quelles seront les conséquences en France d’ici une cinquantaine d’années ?

La figure suivante est l’une des plus inquiétantes du rapport. 53 % des élus, soit une courte majorité, pensent que le réchauffement climatique  sera limité à des niveaux acceptables d’ici la fin du siècle. Par contraste, seuls 38% des français le pensent. Sachant que les élus sont sensés prendre les décisions qui permettent de limiter le réchauffement, cette non prise de conscience des enjeux pose vraiment question. Il est urgent que les parlementaires tiennent davantage compte des rapports du GIEC et réalisent vraiment les efforts à faire pour rester sous la barre des 2°C d’ici la fin du siècle.

Un élément de compréhension vient probablement de la question suivante. Il apparait ainsi que les parlementaires pensent bien plus que les français que le progrès technique permettra de trouver des solutions pour limiter le changement climatique. Or, se dire que le progrès nous en permettra de nous en sortir dégage les élus de toute responsabilité  concernant les mesures à adopter en urgence.

La comparaison par bord politique est intéressante et permet de bien dégager les différences entre bords politiques. Ainsi les élus de la majorité présidentielle, pourtant bien au courant des enjeux du réchauffement, semblent afficher une surconfiance dans le progrès technique. N’oublions pas que la recherche de solutions techniques pour lutter contre le réchauffement nécessite des moyens de recherche important et qu’il faut accepter de se lancer dans des projets de recherche peut être voués à l’échec

Sur l’acceptation des changements liés au changement climatique, les français sont particulièrement attachés à l’équité et à la prise de décision collective. Ce dernier point est peu partagé par les élus qui sont davantage désireux d’avantages sociaux ou même de ne rien faire. Cet écart entre les français et les élus peut faire craindre une nouvelle crise sociale comme les gilets jaunes. Notons que 66 % des élus de droite ne sont pas prêts à changer de mode de vie, loin devant l’équité et le collectif.

D’ailleurs, ce souci des français pour davantage de justice sociale se retrouve dans la question suivante sur la priorité du gouvernement dans la situation actuelle. En effet, la majorité des français souhaite réorienter en profondeur l’économie de manière à soutenir les activités préservant l’environnement, la santé et la cohésion sociale. Le contraste avec les parlementaires qui veulent très majoritairement relancer l’économie à tout prix est saisissant. De manière non surprenante, ces chiffres varient considérablement en fonction du bord politique. Ces données montrent que le gouvernement devrait soigneusement réfléchir au plan de relance de l’économie et ne pas trop se précipiter vers un retour « business as usual » qui ne fait plus consensus chez les français.

La fin du rapport présente des questions spécifiques aux parlementaires qui présentent quelques éléments inquiétants. Ainsi 42% des parlementaires pensent que les actions mises en œuvre dans notre pays sont à la hauteur des enjeux de la COP 21.

Rappelons quelques chiffres tirés du dernier rapport du Haut conseil pour le Climat pour remettre les choses dans le contexte, les émissions françaises en gaz à effet de serre ont baissé de 1,1 % chaque année alors que l’objectif est de -1,9 %. En 2019, elles ont baissées de  0,9 % en 2019 par rapport à 2020 alors que l’objectif annuel est de -1,5 %. A partir de 2024, les baisses doivent être de 3,2 % pour atteindre les objectifs fixés (source : https://www.hautconseilclimat.fr/wp-content/uploads/2020/09/hcc_rapport_grand-public_2020_-2.pdf). La France est donc loin de respecter les engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris. Les parlementaires, particulièrement ceux de la majorité présidentielle qui, à 63%, pensent que les actions sont suffisantes, doivent absolument relire les rapports du Haut conseil pour le climat pour réaliser qu’il faut accélérer les décisions. 

Pour les élus, les raisons qui s’opposent à la transition écologique sont variées mais on note des différences considérables entre les différents bords politiques. Si à gauche, les lobbies et le manque de financement sont les difficultés principales, les élus de la majorité présidentielle notent surtout les difficultés à prévoir le  progrès technique et les difficultés à trouver des accords entre partenaires. Or nous avons précédemment vu que la majorité présidentielle avait une surconfiance dans le progrès technique : compter trop fortement sur  des solutions techniques futures très incertaines pour lutter contre le changement climatique n’est peut-être pas la meilleure option à terme. Concernant les élus de droite, la principale difficulté vient de la résistance au changement de la société. Sachant que ce sont aussi eux qui disent à 66 % ne pas être prêts à changer leur mode de vie, c’est assez cohérent…

Enfin, notons que l’opinion des élus sur l’utilité de la convention citoyenne est très contrastée selon le bord politique.  Le rejet est notamment massif chez les élus de droite (87% de non). Pourtant ce que montre ce rapport c’est une certaine déconnexion entre les attentes des français sur la lutte contre le changement climatique et les préoccupations des élus. Il semble y avoir là une crise importante de représentativité sur un enjeu majeur pour l’avenir. La convention citoyenne est un outil permettant de résoudre en partie cette crise qu’il ne faut pas enterrer. Les élus et particulièrement ceux de droite ont probablement tout intérêt à lire très attentivement ce rapport de l’ADEME s’ils veulent rester en phase avec les attentes des français sur la lutte contre le changement climatique.

Prise en charge du vaccin à ARNm anti-COVID-19 COMIRNATY de Pfizer BioNTech

C’est Noël, les vaccins de Pfizer BioNTech arrivent au centre de vaccination dans leur papier glacé indispensable de glace carbonique !
Comment gérer cette arrivée tant attendue <-60 °C? Pas d’impatience à déballer ! Préparation minutieuse oblige, car exercice de haute voltige

Relisez les instructions relatives à la glace carbonique et au traitement des flacons de vaccin. Enfilez votre équipement de protection individuelle (lunettes, gants), vérifiez ventilation, pas de lumière directe du soleil ou UV, et prenez votre chronomètre, timing très serré.

Tout d’abord vous allez devoir identifier le dispositif de surveillance de température intégré dans le conteneur isotherme reçu et le désactiver par appui prolongé sur le bouton STOP. Et oui, la température a été mesurée en continu pendant tout le transport jusqu’à vous.

Vous devez faire transiter les plateaux de flacons (1 plateau = près de 200 flacons multidose, 5 plateaux max/conteneur reçu) vers votre congélateur ultra basse température (UBT) < – 60 °C, et vous n’avez que 3 à 5 minutes pour agir à température ambiante, TOP CHRONO !

Le transfert des flacons effectué de l’emballage vers votre congélateur UBT, vous devrez y laisser les flacons au moins 2 heures pour récupérer la basse température de stockage. Vous pourrez alors le moment venu, retirer des flacons afin de les décongeler pour utilisation.

Si vous n’avez pas de congélateur UBT, vous pourrez utiliser les conteneurs d’expédition reçus à condition de bien réalimenter en glace carbonique, mais il faudra les rendre à l’envoyeur dans les 30 jours max car ce matériel est réutilisé.

Les flacons individuels décongelés ne pourront plus être recongelés : vous devez donc retirer du congélateur exactement le nombre de flacons voulus pour votre planning de vaccination, sachant qu’un flacon contient de quoi préparer 5 doses de vaccin.

Alors calculez bien votre besoin ! les plateaux multiflacons décongèlent en 3 heures, les flacons individuels…. + vite forcément ! Au fait : vous pouvez conservez les flacons individuels non reconstitués 120 heures au réfrigérateur avant utilisation soit 5 jours.

Vous pouvez aussi obtenir un flacon prêt à la reconstitution en laissant 30 mn à température ambiante un flacon congelé. Avec ces 2 options : faites votre plan minutieux pour la journée ou les jours à venir…rien ne doit être laissé au hasard !

Pour l’administration, reconstituez le vaccin par dilution à température ambiante. Le vaccin reconstitué dilué doit être conservé entre 2 et 8 °C (frigo) et vous avez un délai max de 6 h pour préparer des doses individuelles et les administrer. Bravo, vous êtes 1 héro

La glace carbonique, emballage indispensable pour ultra-basse température

Le vaccin à ARNm contre le COVID-19 de Pfizer BioNTech va arriver pour Noël, la logistique est délicate puisque le vaccin doit être conservé entre – 60 et – 90 °C.

Quel emballage va permettre cette prouesse technique ? La glace carbonique ! On en parle ?

La glace carbonique, c’est du dioxyde de carbone (CO2) sous forme congelée ! En général, les solides congelés quand ils fondent deviennent liquides. Et bien la glace carbonique, elle, passe directement de la forme solide à la forme gazeuse. C’est ce qu’on appelle la SUBLIMATION

Mais à quelle température a lieu cette sublimation ? – 78°C et au-dessus ! La glace carbonique est un produit dangereux. Elle peut entraîner une asphyxie ds les espaces confinés en appauvrissant l’air de son oxygène Le contact avec la peau peut provoquer brûlures et engelures

La manipulation de glace carbonique implique ainsi précautions : pas de contact avec la peau et les yeux et donc équipement de protection : gants imperméables isolants, lunettes de protection. Toute contact direct ou ingestion est une urgence médicale

Vous l’avez compris avec la sublimation : la glace carbonique peut générer une explosion au-dessus de – 78 °C en espace clos ou confiné, ou conteneurs hermétiques en se transformant directement en gaz…. et à température ambiante, il y a risque de suffocation et d’asphyxie.

Au final, des procédures spécifiques de transport, manipulation, stockage et élimination de la glace carbonique doivent être mises en place tout au long de la chaîne logistique pour garantir la préservation du vaccin et la sécurité de tous les intervenants.

Autour de la science : 10 livres à offrir ou à vous faire offrir !

Une sélection non exhaustive, focalisée sur l’acquisition de la démarche scientifique et de l’esprit critique par les citoyens, avec pédagogie !

Présentée par ordre chronologique, à l’exception de la première référence que nous avons eu envie de mettre à l’honneur.

Santé, science, doit-on tout gober ? – Florian Gouthière (2017)

Florian Gouthière est un journaliste scientifique. Cet ouvrage vise à faire comprendre comment fonctionne la science médicale, comment décrypter les études biomédicales et distinguer les vraies infos des intox. Écrit avant la crise Covid, cet ouvrage est absolument indispensable pour comprendre pourquoi une telle défiance dans la société face aux informations médicales. En outre, il est bien écrit, facile à lire avec un peu d’humour, et accessible. Un must.

Devenez sorciers, devenez savants – Georges Charpak et Henri Broch (2003)

Henri Broch, fondateur du laboratoire de zététique de Nice, est l’un des pionniers de la zététique en France. Ce livre a un peu vieilli mais propose de nombreux exemples de pseudosciences, faux mages et charlatans.

Petit cours d’autodéfense intellectuelle – Normand Baillargeon, Lux éditeur (2006)

Ce livre écrit par un ancien professeur en sciences de l’éducation au Québec et illustré par Charb, est un ouvrage de référence pour toute personne s’intéressant à ces questions. Il est plus fourni et plus complexe que celui de Sophie Mazet et présente l’ensemble des outils disponibles pour une bonne hygiène mentale. Il peut cependant sembler un peu complexe à quelqu’un qui n’a aucune connaissance sur ces questions.

Système 1, système 2 – les deux vitesses de la pensée – Daniel Kahneman Clé des Champs (2011)

Daniel Kahneman, Prix Nobel d’économie en 2002, est un psychologue et économiste. Pionnier de l’étude des biais cognitifs avec Amos Tversky, ce livre fait un bilan de décennies de recherche. Ce livre explique comment notre cerveau est partagé en un système 1 intuitif et rapide pleins de biais, et un système 2 lent et réfléchi (voir la vidéo d’Hygiène mentale, les deux vitesses de la pensée).  Ce livre propose l’étude de nombreux biais à partir de résultats de psychologie expérimentale. Très intéressant, la traduction propose néanmoins de nombreux défauts et un bon lecteur anglophone gagnera à le lire en version originale.

La démocratie des crédules – Gérald Bronner, PUF (2013)

Ce livre est une référence en zététique et en esprit critique. Gérald Bronner, sociologue, étudie comment l’ouverture du marché de l’information et le fonctionnement de notre cerveau contribue à diffuser des informations et des rumeurs totalement erronées.

Manuel d’autodéfense intellectuelle – Sophie Mazet, Robert Laffont (2015)

L’auteure est une professeure d’anglais qui a mis en place un atelier d’autodéfense intellectuelle dans son lycée de Seine-Saint-Denis. Elle propose ici une initiation à l’esprit critique. C’est une très bonne première approche : il est relativement rapide à lire, accessible et clair. En revanche, il semblera probablement un peu superficiel à une personne déjà bien formée sur ces questions.

Savoirs, opinions, croyances. Une réponse laïque et didactique aux contestations de la science en classe – Guillaume Lecointre, Belin Éducation (2018)

Ce livre récent et assez court à lire rappelle les fondements épistémologiques et méthodologiques de la démarche scientifique. C’est un livre indispensable pour tout professeur de sciences qui peut être confronté à ces questions en classe, notamment sur les rapports entre science et religion (mais pas seulement).

Crédulité et rumeurs – Gerald Bronner et Jean-Paul Krassinsky, Le Lombard (2018)

Cet ouvrage est une BD qui traite sur un format court la questio–/n des Fake News et des biais cognitifs. Ce format s’adresse surtout aux adolescents.

Quand est-ce qu’on biaise ? – Thomas C. Durand, HumenSciences (2019)

Ce livre écrit par l’un des animateurs de la chaine La Tronche en biais reprend les textes des vidéos de la chaine consacrées aux biais cognitifs. Ce format permet de retrouver ainsi plus facilement certaines notions lors de la préparation d’ateliers par exemple.

Des têtes bien faites, défense de l’esprit critique, sous la direction de Nicolas Gauvrit et Sylvain Delouvée, PUF (2019)

Cet ouvrage est un recueil de petits textes écrits par différents auteurs dont Gerald Bronner, Sophie Mazet… La première partie propose des textes sur les biais cognitifs, la 2e sur des exemples de croyances étranges et la 3e est spécifique à l’enseignement et la vulgarisation de l’esprit critique. Ce petit livre est intéressant pour faire un point sur ces questions, connaitre de nouveaux auteurs et de nouvelles références.

Êtes-vous un Citizen 4 Science ?

Faites le test : lisez les 7 affirmations qui résument l’esprit et la cause de l’association Citizen4Science

C’est vous ? Rejoignez-nous !

  • Citoyen responsable soucieux de la bonne fabrication et de l’utilisation adéquate de la science, vous voulez être acteur du monde dans lequel vous vivez et considérez que la préservation de la science, de sa communication et de son utilisation sont primordiales pour l’humanité.
  • Vous êtes conscient(e) que la science est un bien précieux et universel, qu’il est fragile aussi, peut être l’objet de dérives et d’instrumentalisation, comme en témoigne la crise sanitaire provoquée par la pandémie de Covid19.
  • Vous pensez que sortir de l’isolement peut changer les choses, qu’un rassemblement citoyen permettra de faire entendre votre voix, car l’union fait la force.
  • Vous êtes convaincu(e) que le complotisme s’oppose à la démarche scientifique, que le syndrome de Dunning-Kruger lui nuit, et que la science ne doit pas être instrumentalisée ou entachée de politique.
  • Vous pensez que tous les acteurs de la science et de la chaîne de santé, publics ou privés doivent être vus comme des partenaires, et qu’il faut travailler à améliorer leurs interactions plutôt que de les opposer.
  • Vous défendez ces valeurs : éthique, intégrité, humanisme
  • Vous souhaitez faire partie d’une communauté qui vous offre information/formation scientifique, la possibilité d’échanger entre membres pour être force de proposition, celle de participer à des initiatives thématiques dans le cadre de notre mission de défense de la science et de la parole scientifique objective.